Auguste Labouret

Maître-verrier et mosaïste français de renommée internationale qui révolutionne l'art du vitrail par ses innovations

(1871-1964)

Du cœur de Paris à la renommée internationale


Né en 1871 à Saint-Quentin, dans le département de l’Aisne, dans le nord de la France, Auguste Labouret grandit dans une région reconnue pour son style Art déco. Pendant sa jeunesse, il développe une grande passion pour l’architecture, notamment grâce à la cathédrale d’Hirson, qui l’impressionne depuis son enfance. Après le lycée, il se forme à la prestigieuse École des Beaux-Arts de Paris. En 1902, il franchit une étape majeure de sa carrière d’artiste : il ouvre son propre atelier de maître-verrier au cœur de l’épicentre mondial des arts, Paris. En plus d’être captivé par le charme romantique et l’intense effervescence artistique de la capitale française, Labouret s’imprègne avec passion des grandes tendances du tournant du siècle. Il devient rapidement un mosaïste et un vitrailliste de renom.

En 1909, il réalise 14 vitraux pour l’église d’Hirson, qui a été ravagée par un incendie dévastateur en 1906. En 1919, il est chargé par l’administration des Beaux-Arts et la Commission des monuments historiques de France d’établir l’état des verrières classées du pays avec devis, ainsi que de restaurer des vitraux anciens dans certains monuments historiques. C’est grâce à ces réalisations qu’il acquiert une réputation de professionnel compétent, tant auprès de l’État que du public et de ses pairs. À partir de 1920, Labouret exporte son expertise en Europe, notamment en Bretagne.

Au fil des années, Labouret se forge non seulement une réputation, mais aussi un style, devenu emblématique de son époque. Son style de vitrail est très moderne : alors que les verrières traditionnelles se font avec de minces vitraux peints à la main et encloisonnés dans du plomb, les vitraux de Labouret sont plutôt des mosaïques transparentes, composées de dalles de verre encloisonnées dans du ciment renforcé. C’est grâce à son inventivité et à sa qualité exceptionnelle qu’il séduit Napoléon Audet, qui le choisit pour participer à la décoration de deux églises au Canada : la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption à Moncton et la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré au Québec.

Verrières du transcept

(1941-1942)


Façonnées selon l'art traditionnel du vitrail, les 36 verrières du transept retracent avec éclat l’histoire de l'Acadie et le souffle de sa renaissance, portée par ses grands bâtisseurs. Côté est, la lumière révèle l'héritage des institutions religieuses de la région, tandis qu'à l'ouest, elle déploie la mémoire de son histoire civique.

Vitraux de la nef

(1955)


Avant même d’achever son premier contrat à la cathédrale de Moncton, Labouret accepte d’en réaliser un second : dix paires de vitraux pour la nef, représentant exclusivement des figures bibliques féminines. Ces œuvres reposent sur sa technique novatrice et brevetée de dalle de verre cloisonnée au ciment, dont le jeu d'éclat et d'opacité crée un effet cubiste d'une profondeur incomparable