Claude Roussel
(1930 - 2025)
Figure emblématique de l’art moderne en Acadie, cet artiste visionnaire et polyvalent a profondément marqué le paysage culturel de la région du Grand Moncton et au-delà.
d’Un talent précoce à une carrière extraordinaire
Né en 1930 à Edmundston, au Nouveau-Brunswick, Claude Roussel est le plus jeune des artistes dont les œuvres ornent la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption. Sa vocation artistique s'éveille très tôt : dès l’âge de 10 ans, il apprend en autodidacte la sculpture sur bois. À 14 ans, il croise la route de son premier mentor, Paul-Carmel Laporte, un sculpteur renommé de la région du Madawaska. Grâce au soutien de ce dernier et à son talent inné, le jeune homme présente sa toute première exposition solo en 1947. Il poursuit ensuite sa formation en arts visuels à l'École des beaux-arts de Montréal, de 1950 à 1956.
De retour dans sa ville natale à la fin de ses études, il enseigne l'art dans les écoles publiques francophones — une grande première au Nouveau-Brunswick. En 1959, il entame un court mandat comme conservateur à la Galerie d’art Beaverbrook de Fredericton, devenant ainsi le premier francophone à occuper un tel poste au sein de l'institution. C'est durant cette période qu'il crée sa première œuvre majeure, Les deux castors (1959), offerte à Lord Beaverbrook par la province du Nouveau-Brunswick à l'occasion de son 80ᵉ anniversaire. Deux ans plus tard, une bourse du Conseil des arts du Canada lui permet de perfectionner son art lors d'un séjour en Europe.
En 1963, à la suite de ce voyage, le Conseil des arts du Canada lui accorde un nouveau financement pour devenir le tout premier artiste en résidence et professeur d’arts visuels à l’Université de Moncton, sur l'invitation de son fondateur et vice-chancelier, Mgr Clément Cormier. Claude Roussel dirige le Département d’arts visuels à deux reprises, d'abord de 1963 à 1971, puis de 1976 à 1979. Parallèlement à son premier mandat, il assure la direction de la galerie d’art du campus. Entre ces deux périodes, de 1971 à 1976, il assume la présidence inaugurale du Front des artistes canadiens (CARFAC). Il continue de présider le conseil de la galerie d’art jusqu’en 1991, avant de prendre sa retraite l'année suivante.
Retiré à Cap-Pelé, Claude Roussel s'y consacre alors entièrement à sa passion en travaillant comme artiste à plein temps, jusqu'à son décès survenu en mai 2025.
Statues en marbre de Carrare
1962-1963
Ces quatre statues de 1,22 mètre (4 pieds) se trouvent dans les nefs latérales et représentent saint Antoine, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, saint François d’Assise et le pape Pie X. Elles ont été sculptées à Fredericton pendant que Roussel travaillait à la Galerie Beaverbrook. Leurs formes sont simples et épurées pour s’accorder avec le style de la cathédrale. Elles sont taillées dans le prestigieux marbre de Carrare (Italie), une pierre extrêmement difficile à travailler, célèbre pour avoir servi à la création du David de Michel-Ange et du Panthéon de Rome.
Crédit-photo : MR21
Mosaïques du transept
2004-2006
Ces magnifiques murales, conçues entièrement en verre plutôt qu’en céramique ou en pierre, révèlent un éclat tout à fait particulier sous la lumière.
Sur le côté ouest du transept, l'œuvre illustre sept scènes marquantes de la vie de la Vierge Marie. Du côté est, la murale rend hommage à Sainte Anne, mère de Marie, tout en célébrant les liens historiques et spirituels qui unissent les Acadiens aux peuples des Premières Nations. Vénérée depuis longtemps par les communautés catholiques acadiennes et mi'kmaq, Sainte Anne est toujours à l'honneur lors d'importants pèlerinages annuels, notamment en Nouvelle-Écosse et au Québec.
Crédit-photo : Mosaika

