Pierre Gaudin
(1908-1973)
Mosaïste et maître verrier issu d'une célèbre dynastie d'artisans.
Image de Pierre Gaudin de Lisieux Normandie Culture
L’empreinte d’une dynastie d'artisans
Né à Paris en 1908, Pierre Gaudin hérite d’un riche patrimoine artisanal. Son père, Jean Gaudin, et son grand-père, Félix Gaudin, sont des mosaïstes et vitraillistes de grande renommée au cœur de la capitale mondiale des arts. Dès son enfance, Pierre s’initie à ces savoir-faire en faisant son apprentissage au sein de l'atelier familial, successivement nommé « Félix Gaudin et fils » (1907-1912) puis « Gaudin et Cᵉ » (1912-1920).
Il poursuit parallèlement des études artistiques formelles aux Ateliers d’Art Sacré à Paris, sous la direction de Maurice Denis et Georges Desvallières. Cette école avait pour ambition de revitaliser les arts sacrés, notamment le vitrail et la mosaïque, des techniques alors en déclin en raison de l'essor industriel du tournant du siècle.
En 1920, Pierre Gaudin prend la direction de l’entreprise familiale qu’il renomme « Société Anonyme Pierre Gaudin », adoptant ainsi les standards commerciaux de l'époque. En 1954, à la suite du décès de son père, l'entreprise change à nouveau de nom pour devenir « l’Atelier Jean et Pierre Gaudin », un hommage explicite à l'héritage artistique transmis de génération en génération.
C’est par l’intermédiaire d’Auguste Labouret que les œuvres de Pierre Gaudin ont trouvé leur place dans la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Moncton. Ami proche de Jean Gaudin, Auguste Labouret a recommandé Pierre à l’architecte Louis-Napoléon Audet lorsque celui-ci cherchait un maître mosaïste pour réaliser le chemin de croix.
Les premières étapes de conception et d'assemblage des mosaïques se déroulaient dans l’atelier à Paris. Une fois le dessin validé, les morceaux de céramique étaient disposés sur la maquette à la manière d’un casse-tête. Une feuille de papier épais était ensuite collée sur la face visible du motif pour en maintenir les pièces. Ainsi stabilisé, le casse-tête était soigneusement emballé dans des caisses en bois avant de traverser l’Atlantique.
Les Mosaïques du Chemin de croix
1955-1956
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Ces œuvres d'art font partie intégrante de toute église catholique, car elles dépeignent la « Passion de Jésus » (ses derniers moments sur Terre). Si la plupart des stations sont de petites peintures, des sculptures sur bois ou des reliefs, les nôtres sont des mosaïques. Leurs cadres en pierre sont conçus spécialement par l'architecte Louis-Napoléon Audet, puis c’est lui qui insiste pour que chaque mosaïque comporte exactement trois personnages, rappelant ainsi la Sainte-Trinité.

