Louis-Napoléon Audet
(1881-1971)
Architecte québecois de grande renommée
Parcours d'un maître de l'architecture religieuse
Né le 14 août 1881 à Lambton, au Québec, Louis-Napoléon Audet grandit au cœur d'une période de forte industrialisation. Après des études secondaires au Collège de Lévis, dont il sort diplômé en 1899, il s'installe à Sherbrooke pour se former à l'architecture auprès de Jean-Baptiste Verret et de Joseph-Wilfrid Grégoire, deux concepteurs chevronnés de l'architecture religieuse.
Sa formation achevée, il s'associe en 1907 avec son ancien mentor, Joseph-Wilfrid Grégoire, pour ouvrir son tout premier cabinet. Cette même année, il fait son entrée officielle au sein de l'Association des architectes de la province de Québec.
En 1914, après quatre années de pratique en solo, Audet déménage à Montréal et s'associe à René Charbonneau. Ce partenariat dure sept ans, jusqu'à son retour à Sherbrooke en 1921. Il s'y impose alors comme une figure majeure de l'architecture sacrée. Pendant plus de deux décennies, il travaille principalement seul tout en collaborant sur des monuments d'envergure, notamment la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré (1923-1937) et la cathédrale Sainte-Cécile de Salaberry-de-Valleyfield (1934-1935). C'est également au cours de cette période féconde que le nouvel archidiocèse de Moncton lui confie la conception de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption.
En 1942, Audet fonde son troisième et dernier cabinet d'architectes aux côtés de son fils, Jean-Paul Audet, et de Denis Tremblay. Il prend sa retraite à l'âge de 88 ans et s'éteint en 1971, à l'âge de 90 ans.
1938
Élection à titre de fellow de l'Institut royal d'architecture du Canada (IRAC).
Distinctions et faits marquants
1948
Accession à la présidence de l'Association des architectes de la province de Québec.
1951
Obtention de la médaille de l'Association des architectes paysagistes du Québec et de la médaille d'honneur de l'Ordre latin du mérite diocésain.
1952
Nomination au poste de vice-président de l'Institut royal d'architecture du Canada.
1957
Nomination au rang de commandeur de l'Ordre de Saint-Sylvestre.
L'empreinte de Louis-Napoléon Audet sur le paysage québécois reste profonde : en 1987, la ville de Sherbrooke nomme une rue en son honneur, puis crée en 2009 un prix d'architecture qui porte son nom.
Crédit-photo : Ville de Moncton
Crédit-photo : Drone Apocalypse Photography
Particularités architecturales de l’extérieur de la Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption
L’imposante cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, qui domine le paysage religieux de Moncton, s’étend sur un plan en forme de croix dans un style néogothique teinté d’Art déco. Elle se distingue par sa symétrie massive et son revêtement complet en grès. Le bâtiment, caractérisé par un clocher carré surmonté d’une flèche en cuivre, s’ouvre sur une façade ornée d’une arcade à triple arc segmenté, close par des grilles en fer, et encadrée de baies latérales rectangulaires abritant des portes à caissons. Les parapets à pignons et à degrés ajoutent une touche supplémentaire de beauté à l’ensemble. La structure architecturale dévoile une richesse remarquable, avec des contreforts étagés, des corniches moulurées en cuivre, des lucarnes à pignon et une cheminée en pierre posée sur des corbeaux. La pierre est ornée de plaques commémoratives, d’inscriptions, d’écus et de statues symboliques, tandis que la hauteur se pare d’une diversité d’ouvertures — des baies en lancette, des oculi, des arcs en ogive et des claustras entourant la nef et le chœur voûté.
Éléments intérieurs de style néo-romane
Profil d'arc dominant : Arcs en plein cintre authentiques (demi-cercle parfait avec clef de voûte au niveau de l'abside) et arcs arrondis d'inspiration romaine sur la plupart des fenêtres et des ouvertures.
Voûte du plafond : Voûte en berceau continue sur l'ensemble des travées principales du plafond, offrant une hauteur maximale et un grand volume ouvert.
Disposition de la nef et arcade : Colonnades d'arcades de la nef présentant une série d'arcs en plein cintre, associées à des voûtes d'arêtes le long des côtés de la nef et aux intersections du transept.
Éléments intérieurs de style (Néo) gothique
Plan au sol : Plan cruciforme standard (en forme de croix), largement partagé entre l'architecture religieuse romane et gothique.
Élévation des murs supérieurs : Fenêtres hautes de claire-voie situées au-dessus du niveau des yeux le long de la nef, afin de maximiser la lumière naturelle au-dessus du toit des bas-côtés.
Accents d'arcs brisés : 3 arcs brisés saillants sur la façade avant, accompagnés de détails subtils en pierre formant un arc brisé autour des fenêtres arrondies pour créer une silhouette d'inspiration gothique.
Éléments intérieurs de style Art Déco
Géométrie et colonnes : Utilisation de colonnes carrées au lieu des piliers arrondis traditionnels, reflétant la préférence de l'Art déco pour les profils angulaires et géométriques plutôt que pour le respect strict des ordres classiques.
Détails sculpturaux : Sculptures en pierre intégrées dans la partie supérieure de la nef.
Chapiteaux stylisés : Chapiteaux corinthiens et composés modernisés qui simplifient et abstrayent les motifs classiques de feuilles d'acanthe et de volutes, plutôt que de les imiter fidèlement.

